Vous avez du mal à vous reposer sans avoir l'impression de "perdre du temps". Quand vous faites une erreur, vous ne vous en remettez pas facilement. Vous portez souvent plus que les autres — et vous leur en voulez un peu, sans vraiment le dire. Quand quelque chose vous semble injuste, ça vous ronge.

Bienvenue dans la blessure d'injustice.

Pourquoi elle se forme

La blessure d'injustice naît dans un environnement où l'enfant est traité avec froideur, sévérité ou arbitraire. Un parent trop exigeant, qui punit sans explication, qui ne reconnaît jamais les efforts, qui compare ou qui favorise un autre enfant sans raison apparente.

L'enfant apprend que le monde n'est pas juste — et qu'il doit être impeccable pour mériter sa place. Il développe une exigence féroce envers lui-même, une sensibilité aiguë à l'inéquité, et une difficulté à laisser passer ce qui ne respecte pas ses standards intériorisés.

« La personne blessée par l'injustice devient rigide et perfectionniste pour se prouver qu'elle est quelqu'un de bien et de juste. » — Lise Bourbeau

Les signes que cette blessure est active

Le perfectionnisme épuisant

Pas le perfectionnisme qu'on revendique fièrement en entretien d'embauche. Celui qui fait que rien n'est jamais assez bien. Que vous recommencez, que vous vérifiez, que vous doutez — et que même quand c'est objectivement bon, vous voyez surtout ce qui pourrait être mieux.

La difficulté à vous reposer

Se poser sans rien faire génère une culpabilité sourde. Comme si vous deviez mériter le repos. Comme si une journée sans productivité était une journée perdue. Votre corps se repose rarement vraiment — il reste en alerte.

La colère face à l'inéquité

Quand quelqu'un ne fait pas sa part, quand une règle vous semble arbitraire, quand vous êtes traité(e) différemment sans raison — ça déclenche quelque chose de fort. Une colère qui peut sembler disproportionnée, mais qui parle d'une histoire bien plus ancienne.

Une critique intérieure très sévère

Vous êtes votre juge le plus dur. Chaque erreur est analysée, retournée, jugée. Vous vous autorisez peu de douceur. La compassion, vous la donnez aux autres — rarement à vous-même.

La rigidité comme protection

Le masque de la blessure d'injustice, c'est la rigidité. Des règles claires, une logique implacable, un sens moral fort. C'est une façon de se protéger de l'arbitraire — si tout est prévisible et juste, on ne peut pas être traité injustement.

Mais la vie n'est pas toujours prévisible. Et maintenir ce niveau de contrôle coûte énormément d'énergie.

Comment l'EMDR travaille sur la blessure d'injustice

L'EMDR remonte aux scènes d'injustice fondatrices — les punitions arbitraires, les exigences impossibles, les comparaisons blessantes. Des moments où une colère légitime n'a souvent pas eu le droit de s'exprimer.

Le retraitement permet à cette colère de se libérer — sans la mettre en acte dans les relations actuelles. Et progressivement, il devient possible de se tromper sans catastrophisme, de se reposer sans culpabilité, et de recevoir un peu de la douceur qu'on donne si facilement aux autres.

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