L'anxiété chronique, ce n'est pas simplement "être stressé". C'est une inquiétude de fond qui ne lâche pas — une vigilance permanente, une anticipation quasi constante du pire, une difficulté à se sentir vraiment en sécurité même quand tout va bien objectivement. Pour beaucoup de personnes, cette anxiété a des racines dans des expériences passées qui ont appris au système nerveux que le monde est fondamentalement dangereux.
Anxiété et traumatisme : le lien
L'anxiété chronique et le traumatisme partagent un mécanisme commun : un système nerveux resté en état d'alerte. Dans le trauma, c'est une expérience précise qui a activé ce système. Dans l'anxiété chronique, c'est souvent une accumulation d'expériences — parfois moins spectaculaires — qui ont progressivement installé une hypervigilance de fond.
Une étude portant sur près de 40 000 enfants et adolescents (Elmore & Crouch, 2020) a montré que ceux ayant vécu quatre expériences difficiles ou plus dans l'enfance (ACE) — environnement familial imprévisible, attachement insécure, critiques répétées, instabilité chronique — avaient des probabilités significativement plus élevées de souffrir d'anxiété. Ces expériences ont appris au cerveau à rester en mode "surveillance".
Les différentes formes d'anxiété que l'EMDR peut traiter
- Anxiété généralisée — inquiétude diffuse portant sur de multiples domaines
- Anxiété sociale — peur du jugement, des situations sociales, de la honte
- Attaques de panique — crises d'anxiété intense avec symptômes physiques intenses
- Anxiété de performance — peur de l'échec, du jugement dans les situations d'évaluation
- Anxiété de séparation — peur intense lors des séparations (souvent liée à la blessure d'abandon)
- Hypocondrie — anxiété centrée sur la santé et la maladie
Comment l'EMDR travaille sur l'anxiété
L'approche EMDR de l'anxiété ne consiste pas seulement à traiter des "traumatismes" au sens spectaculaire du terme. Elle consiste à identifier les mémoires et expériences fondatrices qui ont installé la croyance que le monde est dangereux, que les choses vont mal tourner, qu'on n'est pas en sécurité.
Ces mémoires peuvent être des événements précis (une humiliation, une situation d'impuissance) ou des expériences plus diffuses (grandir dans une famille anxieuse, avoir un parent imprévisible). En les retraitant, on modifie progressivement le "calibrage" du système nerveux.
Le travail concret
- Cartographie de l'anxiété — identifier les situations déclencheuses, les pensées automatiques, les sensations physiques associées
- Remonter aux origines — trouver les premières fois où cette anxiété a été ressentie, les expériences qui l'ont renforcée
- Retraitement — travailler sur ces mémoires par stimulation bilatérale
- Ressources et régulation — installer des outils de régulation pour le quotidien